L'ÉCONOMIE DE LA GRATUITÉ

 

Dans l’encyclique « Caritas in Veritate » Benoît XVI propose une conception nouvelle de l’économie :

 

« Dans les relations marchandes, le principe de gratuité et la logique du don, comme expression de la fraternité, peuvent et doivent trouver leur place à l’intérieur de l’activité économique normale ». (1)

 

En effet  il n’est plus possible dans une économie mondialisée de confier en premier lieu à l’économie la tâche de produire des richesses, remettant ensuite à la politique la tâche de les distribuer. Jean-Paul II, dans Centesimus annus, avait révélé la nécessité d’un système impliquant trois acteurs, le marché, l’État et la société civile, et avait désigné la société civile comme le cadre le plus approprié pour une économie de la gratuité et de la fraternité.

 

« A l’époque de la mondialisation, l’activité économique ne peut plus faire abstraction de la gratuité, qui répand et alimente la solidarité et la responsabilité pour la justice et pour le bien commun auprès de ses différents sujets et acteur. Il s’agit, en réalité, d’une forme concrète et profonde de démocratie économique. La solidarité signifie avant tout se sentir responsables de tous ; elle ne peut donc être déléguée seulement à l’Etat ». (2)

 

La charité dans la vérité signifie alors qu’il faut donner forme et organisation à des entités économiques qui, sans nier le profit, entendent aller au-delà de la logique de l’échange et du profit comme but en soi. Il s’agit ainsi d’un agir gratuit, de nature différente du donner pour avoir (logique de l’échange) et du donner par devoir (propre à l’action publique, réglée par les lois de l’État).



(1])Lettre encyclique « Caritas in Veritate » (L’Amour dans la Vérité) du Souverain Pontife Benoît XVI (Joseph Ratzinger), le 29 juin 2009, § 36.
(2) Ibid §38.